De la Marginalité à la Reconnaissance : L'Histoire de l'Acupuncture au Québec et à Montréal
- 16 avr. 2024
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 juin
EN 30 SECONDES Au Québec, l’acupuncture est passée de la marginalité à une profession pleinement reconnue. Introduite à Montréal dans les années 1960 par des praticiens formés en France, elle est encadrée par une Loi sur l’acupuncture dès 1985, puis par l’Ordre des acupuncteurs du Québec depuis 1995, avec une formation collégiale réglementée — un gage de sérieux et de sécurité pour les patients.
Voici une médecine qui a failli disparaître chez elle. Au début du XXᵉ siècle, la Chine qui se modernisait tournait le dos à ses aiguilles ; c'est en France, curieusement, qu'une part de ce savoir s'est conservée et transmise. De là, dans les années 1960, il a traversé l'Atlantique jusqu'à Montréal — d'abord en marge, parfois poursuivi, avant de gravir, décennie après décennie, tous les échelons de la reconnaissance. L'histoire québécoise de l'acupuncture tient dans cette remontée.
Les débuts à Montréal (années 1960-1970)
L'acupuncture a commencé à se populariser à Montréal dans les années 1960, à une période où la médecine traditionnelle chinoise avait connu, au début du XXᵉ siècle, une longue période de marginalisation dans son pays d’origine. La France, qui a contribué à préserver et à diffuser l’acupuncture en Occident, est devenue un centre névralgique pour cette médecine pendant ces années. Les liens étroits entre le Québec et la France ont facilité l'installation à Montréal d'acupuncteurs formés en France. Ces derniers ont ensuite initié des formations locales, contribuant à la diffusion de cette pratique malgré l'opposition du Collège des médecins du Québec qui poursuivait ces pionniers pour "pratique illégale de la médecine".
La reconnaissance légale : de la loi de 1985 à l'Ordre (1995)
La reconnaissance s'est faite en deux temps. Une première Loi sur l'acupuncture, en 1985, a fait de la pratique une activité réservée et réglementée. Puis, en 1995, la création de l'Ordre des acupuncteurs du Québec (OAQ) a confié à un ordre professionnel la protection du public et la définition de l'exercice — l'aboutissement d'une lente officialisation.
Une formation rigoureuse et réglementée
Les acupuncteurs au Québec sont généralement bien formés, avec des programmes réglementés qui incluent de nombreux aspects de la médecine chinoise traditionnelle comme la diététique, la pharmacopée, les exercices (Qi-gong) et le massage (Tuina). Le programme traditionnel d’acupuncture au Collège de Rosemont est un exemple notable, préparant les étudiants à intégrer l'Ordre professionnel des acupuncteurs du Québec, qui régule cette pratique au niveau provincial.
L’intégration au système de santé
L’intégration de l’acupuncture dans le système de santé québécois a aussi été marquée par la mise en place de partenariats avec des hôpitaux pour les stages cliniques des étudiants, symbolisant une ouverture croissante vers cette pratique au sein du milieu médical conventionnel.
L'histoire de l'acupuncture au Québec est donc celle d'une montée progressive en légitimité et en intégration, malgré des débuts controversés et une lutte pour la reconnaissance officielle. Cela démontre non seulement l'évolution des mentalités concernant les médecines alternatives, mais également le rôle important de l'immigration et des échanges culturels dans le développement des pratiques médicales dans la province.
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